L’éducation canine bienveillante: pourquoi ?

 

La seule option possible pour moi

Il y’a 20 ans, lorsque j’ai adopté JODY, ma rottweiler, tout le monde m’a dit « c’est un chien méchant », il faut faire des cours avec un éducateur. Je me suis alors rendue dans un club d’éducation… Après 2 cours où j’ai vu ma chienne se faire saccader et suspendre au bout de sa laisse, être forcée à s’asseoir ou à faire des choses qu’elle ne voulait ou pouvait pas faire, je me suis jurée que plus jamais je ne lui infligerais cela! Pendant de nombreuses années, éducation canine était synonyme de « torture » pour moi. Et puis, un jour, on m’a parlé d’une approche bienveillante de l’éducation canine (communément appelée méthode positive)… ça a été la révélation!

L’éducation canine bienveillante: pourquoi ?

Le but premier de toute adoption devrait être de construire avec son animal de compagnie une relation équilibrée, complice et respectueuse. Une bonne éducation est celle qui aide à la construction d’une relation de confiance entre le chien et son humain.

Avec cette approche bienveillante de l’éducation canine, les relations entre le chien et son humain (propriétaire) sont fondamentalement changées par rapport à la vision traditionnelle de l’éducation canine. Le maître ne se pose plus en dominant, mais en partenaire, qui stimule la motivation et la créativité de son chien. Il respecte son autonomie et ses choix, canalise ses instincts et favorise ainsi son insertion dans la famille et dans nos sociétés. On ne parle plus de donner un « ordre » à un chien, mais de lui donner un « signal ». On ordonne au bagnard de casser des cailloux, mais pas au sprinter de courir. On lui donne le « signal » de départ.

En aucun cas, le chien ne doit avoir peur de son humain, ni se sentir trompé. On crée les conditions pour que son chien puisse faire juste. On donne la possibilité à son chien de choisir les « bons » comportements en renforçant ceux-ci, et non en punissant les comportements jugés mauvais. Le chien comprend peu à peu qu’il peut faire confiance à son humain, parce qu’il est à son écoute, il le sécurise et lui permet de s’épanouir.

La notion de choix est un élément clé de l’approche bienveillante. Nous contrôlons 90 % de la vie de nos chiens. Bien que cela puisse choquer certaines personnes, le chien domestique vit en captivité, au même titre que les animaux en parcs zoologiques. Avoir le pouvoir de diriger sa vie par ses choix est une partie intégrante du bien-être pour tout individu, quelle que soit son espèce.

Baser le rapport avec son chien sur la contrainte et la violence comporte un risque très important. Face à la peur, le chien peut globalement adopter 3 réponses: fuir, figer ou attaquer. Si le chien réalise que figer ou fuir ne sont pas possibles ou ne sont pas des stratégies efficaces, il choisira la dernière option: l’attaque. C’est malheureusement une situation que à laquelle on assiste régulièrement avec les chiens élevés en méthodes traditionnelles. Le chien finit par se retourner contre son maître et être euthanasié. Il n’a pourtant qu’essayé de se défendre…

Pour citer Isabelle Charlet de Cynopsis : « Un chien qui travaille pour recevoir (friandise, caresse, jeux, droit de partir jouer, etc…) sera capable de performances bien supérieures à celles d’un chien qui travaille pour éviter (punition, frustration, coup de collier, etc…) car celui-ci ne fera alors que le minimum pour éviter la punition. De plus, la punition est génératrice d’immense frustrations et peut plonger l’animal dans un état d’anxiété majeur pouvant mener à de l’agressivité ou à un état de détresse acquise. Qui donc peut se permettre aujourd’hui, avec les exigences de la société envers nos chiens, de se promener avec un animal agressif ? Si il mord ; il risque l’euthanasie ! »

Vidéo illustrative de www.cynopsis.ch :

https://www.youtube.com/watch?t=10&v=oZ7QJ6PKskA

Les lois scientifiques de l’apprentissage: comment ça marche

Cette approche de l’éducation canine fonde son efficacité sur les lois scientifiques de l’apprentissage.

Grâce aux découvertes de Ivan Pavlov, nous savons aujourd’hui que le chien apprend en faisant des associaciations. Cela nous permet notamment d’agir sur ses émotions, qui ensuite influencent ses comportement. En effet, pour tout apprentissage, la première chose à prendre en compte est l’état émotionnel de l’apprenant (ici du chien). Un état de stress trop élevé empêchera le cerveau d’apprendre. Il est important de rappeler que nous n’avons pas accès à ce qui se passe dans la tête de nos chiens. Ce sont toujours ses comportements & son langage corporel qui va nous permettre de déterminer son état émotionnel.

B.F. Skinner s’est pour sa part intéressé à l’aspect opérant du comportement: quel est l’effet d’une conséquence sur un comportement. Skinner a déterminé que toute conséquence qui augmente la fréquence future d’un comportement, s’appelle renforcement. Toute conséquence qui diminue la fréquence future d’un comportement, s’appelle punition.

On peut renforcer son chien:

  • en ajoutant un stimulus : donner une friandise, faire une caresse, lancer une balle, partir en promenade, ouvrir une porte  au chien qui attend sagement  etc … ( R+)
  • en retirant un stimulus : alléger ou interrompre une privation / punition, interrompre une situation pénible (bruit, isolement) rendre un objet confisqué etc, etc ( R-)

On peut punir son chien:

  • en retirant un stimulus : éloigner un plat qu’il convoite, cacher la balle, arrêter de jouer,le priver de notre présence ou lui imposer une certaine distance (isolement social) etc…. ( P-)
  • en ajoutant un stimulus : le réprimander, tirer brutalement sur sa laisse, le frapper (même avec un journal), laisser éclater une colère etc…  ( P+)

Le chien produit toujours les comportements les plus efficaces pour lui, ceux qui lui apportent satisfaction. Tout comportement renforcé va se reproduire. Il y a donc 2 possibilités:

  • laisser le chien choisir ses comportements et se renforcer seul
  • ou orienter le chien vers des comportements qui satisfont ses besoins tout en satisfaisant les nôtres et les renforcer

Dans un premier temps, nous devrons analyser quelle fonction le comportement produit a pour votre chien. Chaque comportement a une fonction et répond à un besoin du chien. Ensuite, nous enseignerons un comportement alternatif à votre chien, qui soit acceptable pour vous et qui lui permette de remplir la même fonction pour lui.

L’éducation canine bienveillante utilise le renforcement positif comme base de travail. Les comportements que nous exigeons de nos chiens ne sont pas naturels pour eux. Il s’agit pour eux d’un « travail » et, comme pour nous, tout travail mérite salaire 🙂 Nous allons donc créer l’environnement, les conditions dans lesquelles notre chien pourra produire les comportements que nous souhaitons, pour ensuite pouvoir les renforcer et les voir se reproduire. As simple as that !